samedi 24 octobre 2015

Roman, "Kaïla" partie 27

 


- « Sensei ? Votre ami est arrivé ! »
- « Bien, allons l'accueillir tous ensemble ! »
Le garçon qui nous a interrompus me fixe sérieusement tandis que nous passons devant lui, ce qui me met mal à l'aise.
- « Bonjour... »
- « Mademoiselle ! »
Il salue Jeff par un mouvement de tête léger, qui lui répond avec sérieux, tout en restant posté dans mon dos.
- « Hori-san, mon ami ! Enfin vous voilà parmi nous ! »
L'ami du professeur semble avoir le même âge que lui, et les deux hommes se saluent aussi chaleureusement que peuvent le faire des japonais de cette génération très pudique, se serrant les deux mains tout en s'inclinant humblement.
- « Mon ami, laissez-moi vous présenter mon meilleur élève, Jean-François, ainsi que la jeune Amy Bright qui nous fait l'honneur d'être parmi nous aujourd'hui. »
- « Bright ? »
Le vieil homme semble interloqué par mon nom de famille... eh oui mon vieux, désolée mais je suis une pure étrangère... je ne fais pas partie du clan ! Un silence semble vouloir s'installer, mais il est vite rompu par un Kazuma enjoué.
- « Mes enfants, je vous présente mon vieil ami, Yasuo Hori, professeur de langues à la retraite, et célèbre militant pour la paix au Japon. »
- « Hajime mashite ! Enchantée monsieur Yasuo ! »
- « Hajime mashite, Amy-san ! »
Ma nouvelle connaissance semble apprécier que je sache me présenter à lui dans sa langue, car un joli sourire se dessine sur son visage.
- « Mimi, Yasuo est son prénom, tu viens de te montrer très familière... »
- « Oh, mince ! SUMIMASEN ! PARDON ! Je ne savais pas... »
Les trois hommes restent interdits pendant quelques secondes, avant d'éclater de rire tous ensemble, tandis que je m'efforce de rafraîchir mon visage qui change rapidement de couleur... l'ambiance est maintenant parfaitement détendue.

- « Jeff, si tu continue de rigoler je vais t'appeler Jean-François, attention ! »
- « Tu peux mimi, çà ne me gêne pas ! »
Encore ce petit sourire en coin... Ah, il peut bien se moquer un peu après tout, si çà me permet de voir ce joli visage...
- « Je ne me moque pas de toi mimi, je t'assure. Tu es adorable, c'est tout. »
Adorable ? Venant de lui, ce compliment semble prendre tout son sens.
- « Ton prénom, c'est ta mère qui l'avait choisi ? »
- « Oui, et c'est tout ce qu'il me reste d'elle. Mon père est resté fidèle à son souhait, quand elle est morte en me mettant au monde. »
Il a perdu sa mère à la naissance, son père est mort au combat quand il avait 5 ans, et il a été élevé à la dure par un vieux professeur qui a consacré sa vie aux arts martiaux... la vie de Jeff est loin d'être aussi facile que la mienne, j'ai honte maintenant de toutes les fois où j'ai cherché à me réconforter dans ses bras, alors que c'est lui qui a le plus besoin de gentillesse !
Une main chaude se pose doucement sur la mienne, à l'abri des regards sous la table basse du salon japonais. Les deux hommes de 75 ans ne font plus attention à nous.
- « Tout va bien pour moi princesse, ne t'inquiète pas... »
Comment fait-il pour toujours dire ce que j'ai besoin d'entendre ? On dirait qu'il lit en moi comme dans un livre ouvert...
- « Bien ! Mon garçon, veux-tu bien venir m'aider à préparer le thé pour nos invités ? »
La question de Kazuma ne semble pas en être une, et mon prince comprend de suite qu'il doit le suivre sans rechigner. Il avait raison quand il disait à Adam que nous étions deux esprits libres et indomptables... çà me ferait bouillir de devoir toujours obéir à quelqu'un au doigt et à l'œil, mais lui çà n'a pas l'air de le gêner. C'est certainement l'éducation martiale qui veut çà...
- « Amy-san ? »
L'homme de paix me sort avec douceur de mes pensées.
- « Euh... Oui ! Euh... Ai ! »
- « Tu n'es pas obligée de parler japonais, Amy-san. Je comprend très bien ta langue. »
- « Ah, oui bien sûr ! Pardon... »
C'est vrai qu'il est professeur de langues à la retraite... à son âge il a sûrement eu le temps d'en apprendre plusieurs...
- « Excusez-moi, je peux vous demander combien de langues vous parlez ? »
- « Quelques-unes Amy-san, mais ma préférée reste l'espéranto. »
- « Ah oui, j'en ai entendu parler je crois... C'était la langue que parlaient les hippies c'est çà ? »
- « Les hippies ? »
- « Oui, dans les années 1970, je sais que ma grand-mère en était une dans sa jeunesse... »
- « Ah ? Eh bien, je ne sais pas si les « hippies » parlaient espéranto, mais en tout cas c'est une langue qui a été crée bien avant çà. »
- « Comment çà crée ? »
- « Un enfant comme toi, il y a plus de cent ans, a fait le rêve que tous les peuples soient frères, et que le monde ressemble à un grand village, sans frontières. Pour cela, il a eu l'idée de mélanger une quinzaine de langues, les plus parlées autour de lui à son époque, et de n'en faire plus qu'une, très facile à apprendre et à manipuler, afin qu'il n'y ai plus de problème de communication, et que tous les conflits soient abolis. »
- « C'est un joli rêve... dommage qu'il n'ait pas réussit ! »
- « Je ne dirais pas exactement cela... Il y a encore des guerres, en effet, mais des millions de gens à travers le monde utilisent cette langue comme un cadeau, et communiquent entre eux, pour le partage des idées, et pour la paix. »
- « Vous-même, vous militez pour la paix, c'est çà ? »
- « C'est exact, je me bats pour que mon pays, devenu un modèle d'antimilitarisme depuis la seconde guerre mondiale, ne reprenne pas sa place au sein des conflits internationaux. Je refuse que les générations futures soient à leur tour enrôlées pour combattre, que leurs esprits libres soient conditionnés à l'idéalisation d'un état militaire et d'un empereur prétendument désigné par les dieux. La haine aveugle et collective n'est pas une matière noble pour bâtir un avenir sûr et sain. »
- « Vous dites que votre pays est un modèle de paix, c'est çà ? »
- « Oui, nous n'avons plus le droit de nous battre, ni de posséder l'arme nucléaire d'ailleurs, et de nos jours c'est de loin la question que devraient se poser tous les états. Nous avons connu de nombreuses catastrophes nucléaires, alors que nous ne sommes qu'un petit territoire... nous connaissons les ravages que causent de telles explosions, ainsi que la pollution radioactive qu'elles laissent derrière elles. C'est pour cela que selon moi, mon pays est en devoir de se poster en exemple pour l'humanité entière, plutôt que de vouloir se réarmer et sombrer avec les autres dans une folie autodestructrice. »
- « Votre pays est un beau pays, pour servir de symbole de paix. »
- « Qui d'autre pourrait mieux jouer ce rôle, que le pays du soleil levant ? »
- « Hmmm... c'est vrai que comme symbole d'espoir, on ne fait pas mieux que la lueur d'un jour nouveau... »
- « Exactement Amy-san ! »
Le sourire de ce vieil homme a quelque chose d'apaisant, comme celui de Kazuma. En parlant de lui, çà fait un moment qu'ils sont parti à la cuisine, Jeff et lui... je ferais mieux d'aller voir s'ils n'ont pas besoin d'aide.
- « Veuillez m'excuser, je vais voir s'ils n'ont pas besoin de moi à la cuisine... »
Une inclinaison de la tête m'invite à me lever sans scrupules, mais je dois dérouiller un peu mes jambes, endolories d'être restées longtemps pliées, avant de me diriger vers le fond du couloir.
La discussion semble être animée autour de la préparation du thé, si bien que je m'avance discrètement pour ne pas les déranger... mais arrivée près de la porte, mes pieds s'arrêtent net, au bruit d'une conversation que je n'aurais certainement jamais du surprendre...
- « C'est ton rôle mon garçon ! »
- « Mais... Sensei... c'est trop tôt ! Elle est trop jeune ! Elle n'est pas prête ! »
- « Il le faudra, pourtant ! Parce qu'ils sont là, ils sont nombreux, et prêts à attaquer ! »

mardi 20 octobre 2015

Roman, "Kaïla" partie 26




- « Tous ces gens sont de ta famille ? Ce sont tous des Mimasu ? »
- « Oui, notre clan est grand, et notre famille très soudée, même si nous n'avons pas tous du pur sang japonais... »
- « Alisa aussi est métisse, comme toi ? Ses cheveux blonds sont naturels, non ? »
- « Oui, mais sa mère est allemande, tandis que la mienne était française... et puis, la sienne vit tout près, alors que la mienne... »
- « Tout près ? Elle ne vit pas avec elle ? »
- « Non, seuls les porteurs du sang Mimasu vivent à l'intérieur de la demeure, à condition quand même de dévouer leur vie à l'apprentissage du combat. Les autres membres de la famille vivent dans le quartier, à l'extérieur. »
- « Et il y en a beaucoup ? »
- « Beaucoup de quoi ? »
- « D'autres membres de la famille ? »
- « Je ne sais pas exactement combien, mais le quartier qu'ils forment est assez grand il me semble... »
- « Tout le quartier ? »
Je suis stupéfaite, et oblige Jeff à se retourner en m'arrêtant net.
- « Ta famille est vraiment grande, et riche en plus de çà... »
- « Amy, qu'est-ce qu'il t'arrive ? »
- « Je... j'ai l'impression de ne pas avoir ma place ici, auprès de toi je veux dire... pas plus que je n'ai ma place dans ma propre famille... »
Jeff lâche ma main, et mon bras retombe mollement avant de venir cacher les larmes sur mon visage.
- « Amy... je ne sais pas quel effet çà peut faire de se sentir étranger à sa propre maison. C'est vrai, j'ai une grande famille, et j'ai toujours eu ma place ici, même à la mort de mes parents... mais une famille parfois, çà impose des sacrifices... »
- « Pardon, excuse-moi ! Je suis égoïste de pleurer sur mon sort alors que j'ai la chance d'avoir encore mes parents... »
- « Tu n'as pas à t'excuser mimi... çà va mieux ? »
Sa main essuie tendrement les larmes qui coulent encore sur mes joues.
- « Daijobu, daijobu ! »
- « Tu parles japonais toi maintenant ? »
- « Quelques mots seulement, c'est à force de regarder des séries animées. Mais toi, tu dois bien le parler, puisque ton père était japonais ? »
- « Non, quelques mots seulement comme toi, que j'ai appris en grandissant auprès du professeur. Mon père n'a pas eu le temps de m'apprendre, il avait d'autres priorités... »
Nous remontons à présent un chemin étroit, au milieu d'une magnifique bambouseraie.
- « Des priorités ? Comme quoi ? »
Jeff s'arrête à nouveau, me sourit avec malice, et m'embrasse sur le front...
- « Comme çà ! »
D'un bond, il s'envole au sommet des bambous !
- « Ah ! Jeff ! »
Ma voie s'étrangle à cette vision qui me coupe le souffle. Tout droit sorti d'un film de samouraïs, celui que je prenais encore pour un simple être humain il y a quelques instant, vole à présent furtivement d'un bambou à l'autre, sans que je puisse le voir. Quand je lève les yeux au ciel, je n'aperçois qu'une ombre qui passe rapidement devant le soleil, avant de revenir vers moi. Malgré la hauteur de son saut, son pied a touché le sol sans un bruit, et il bouge avec force et légèreté tout autour de moi, comme s'il me défendait contre un ennemi dont nous serions encerclés. Mes yeux suivent ses mouvement sans que je puisse fermer les paupières une seule seconde, comme hypnotisée. On dirait que mon cerveau enregistre chacun de ses gestes, et les transmet à mon corps, prêt à les imiter. Mes muscles se tendent, impatients de suivre son exemple...
A cet instant, son corps s'apaise, et il tourne vers moi un regard mutin.
- « Prête ? »
Je lui souris, sans savoir vraiment de quoi il me parle.
- « Esquive ! »
Ses bras et ses jambes me frôlent comme dans un combat, et mon corps lui répond en parant chacun de ses gestes. Je suis émerveillée par ce que je suis capable de faire. Nous tournons sur nous-mêmes, toujours plus vite, échangeant des mouvements d'attaque et de défense, sans jamais nous arrêter. J'ai l'impression de revoir la scène observée plus tôt dans les salles d'entraînement, mais de l'intérieur. Tout d'un coup, il s'envole au-dessus de ma tête, pour atterrir derrière moi, mais il est arrêté en plein vol par une voix amusée.
- « Jean-François, mon garçon, ne viens-tu pas de réprimander tes sœurs, pour s'être entraînées à l'extérieur ? »
- « Sensei ! »
- « Amy-tchan, je suis ravi de te revoir mon enfant. »
- « Professeur Kazuma ! »
J'imite le vieil homme en m'inclinant humblement pour le saluer.
- « A présent, veuillez me suivre... »
Apparu sans un bruit au sommet du chemin, l'honorable vieillard retourne sur ses pas, et nous le suivons sagement.
Je regarde Jeff, à la recherche de réponses...
- « Tes sœurs ? »
- « Mes sœurs d'armes, oui. Nous sommes entraînés pour le même combat.»
Son expression est à présent plus grave que jamais. Est-ce l'effet d'avoir été surprit par Kazuma en plein jeu ? Je sais que son professeur peut être dur avec lui parfois...
- « Quel combat Jeff ? Je ne comprend pas... »
- « Amy... ce que nous faisons ici... ce n'est pas par plaisir, çà n'a rien d'un jeu ! Nous nous entraînons sérieusement, pour affronter des combats réels ! »
- « Mais... des combats réels ? Mais... alors... tu pourrais mourir ! »
- « Si tel est le cas, je mourrai avec les honneurs, comme mon père il y a 12 ans. »
Avec les honneurs ? Son père serait mort au combat ? Mais dans quelle guerre a-t-il bien pu se battre à cette époque ? En Irak ?
- « Amy-tchan, voudrais-tu bien m'aider à remplir ce panier de fruits s'il-te-plaît ? »
Je suis interrompue dans mes pensées par le vieux professeur, arrêté sous un magnifique pêcher, chargé de fruits énormes.
- « Bien sûr professeur ! Avec plaisir ! »
Je m'arrête un instant sous les branches, admirative, et un peu de bave aux lèvres...
- « Cet arbre est vraiment magnifique... »
- « Hu, hu, hu ! Tu as raison mon enfant, et ses fruits sont délicieux, je t'assure ! Goûtes-en un... »
D'un geste sûr et gracile, sa main décroche délicatement une pêche dodue, perchée au-dessus de ma tête. J'accueille le fruit dans mes mains, comme s'il s'agissait du plus beau des présents.
- « Hmmm, quel délice ! »
Le regard du vieil homme se promène avec nostalgie à travers les branches.
- « Vois-tu Amy-tchan, lorsque notre famille s'est installé sur ces terres il y a un demi-siècle déjà, après des milliers d'années d'errance, nous avons planté dans le sol les noyaux des fruits que nous rêvions de manger. Oh, bien sûr, les arbres n'ont pas poussé en un jour, et pendant quelques années nous nous sommes essentiellement nourrit des poissons que nous pêchions dans la rivière, en contrebas, ou des animaux que nous chassions dans la forêt... Mais un jour, après les avoir regardé grandir avec beaucoup d'impatience, nous avons pu goûter aux premiers fruits gorgés de soleil, de pluie, et d'amour. Depuis ce jour, notre régime alimentaire a changé, ainsi que nos vies... »
Je le regarde perplexe, savourant le fruit qui fond délicieusement dans ma bouche. Kazuma me sourit, visiblement amusé, et se penche vers moi comme pour me confier un secret.
- « Nous mangeons maintenant beaucoup plus de tartes et de confitures ! »
Je manque d'avaler de travers en entendant ce vieux sage s'amuser comme un enfant. Je ne me rappelait pas que cet homme était aussi bon vivant...
- « Au travail maintenant, les paniers ne vont pas se remplir tout seuls ! »
Sur l'ordre joyeux de Kazuma-sensei, nous remplissons rapidement à nous trois de grand paniers d'osier, et les ramenons chez lui en passant par un magnifique jardin à la japonaise.
- « Observe ces paniers de fruits Amy-tchan, que vois-tu ? »
Je regarde, hébétée, les pêches déposées sur la table de la cuisine.
- « Heu... des pêches ? »
- « Mais encore ? »
- « Et bien, des pêches rondes, sucrées, et délicieuses ? »
- « Non mon enfant, pas seulement ! Tu as devant toi le monde, l'univers entier ! »
- « Comment çà ? »
- « Il y a dans ces fruits la force de l'arbre, qui s'est lui-même nourrit du sol, qui se nourrit lui-même depuis longtemps des plantes et des animaux qui y meurent, n'est-ce pas ? »
- « C'est vrai, oui, vous avez raison... »
Je commence à voir les choses autrement...
- « Ces fruits ont également été nourris par la pluie, qui a circulé dans le ciel, et avant çà dans les océans, dans les rivières, et au travers de chaque être vivant, qui boit, respire, et transpire... n'est-ce pas ? »
- « Ah... oui, c'est vrai, oui ! »
Sa vision du monde ouvre mon esprit à quelque chose de plus grand, à quoi je n'avais encore jamais songé...
- « Et la chaleur du soleil Amy, elle vient de l'espace, de l'univers qui l'a crée et l'entretient chaque jour... »
- « Autrement dit... »
- « Autrement dit, l'univers entier est contenu dans ces simples fruits. Sans oublier la main de ton humble serviteur, qui a planté le noyau dans le sol il y a 50 ans ! »
- « C'était vous ? C'est vous qui l'avez planté ? »
- « Hu, hu, hu ! Oui c'est moi ! »
- « Alors, vous aussi vous faites partie de ce panier ? »
- « C'est exact, mais... toi aussi mon enfant ! »
- « Comment çà ? »
- « Chaque chose, et chaque être, a sa place et son utilité dans ce monde... Nous sommes tous reliés, inter-connectés... Et crois-moi, toi aussi tu as ta place dans ce panier de fruits! »

lundi 19 octobre 2015

Roman, "Kaïla" partie 25

 


Ma chambre est paisible lorsque j'ouvre les yeux, et que mon corps s'étire tranquillement. Une douce odeur de chocolat réveille mes narines ; le petit déjeuner doit être servi. Au moment où je décroche mes volets, en pensant m'emplir les poumons de la fraîcheur matinale, c'est un soleil brûlant qui me regarde depuis son piédestal, en m'obligeant à cligner des yeux... il doit être déjà tard. La cage d'escalier résonne d'une activité bourdonnante, comme si toute la famille était réunie en bas, et en entendant craquer les vieilles planches de bois, mon père m'accueille, tout sourire, au pied des dernières marches.
- « Enfin debout ma grande ? Tu as sacrément bien dormi cette nuit, dis-moi ? »
Il me prend dans ses bras avant que je n'ai eu le temps d'atteindre les carrelages, et me fait tourner comme quand j'étais plus petite.
- « Ah, ah, ah ! Arrête papa, je suis trop lourde pour çà maintenant ! »
- « Mais non, qu'est-ce tu dis ? Tu es toujours ma petite chérie ! »
Quand il m'embrasse sur le front, j'ai l'impression d'être un trésor à ses yeux.
- « Bonjour la puce... »
- « Bonjour papa... »
Une main me décoiffe gentiment par derrière, et mon frère attend que je me tourne vers lui avec un grand sourire.
- « Enfin levée petite ? J'espère que tu as bien dormi, il est déjà midi ; on allait mettre la table... »
- « Midi ? Déjà ? »
- « Oui, et d'ailleurs, tu ferais mieux d'aller t'habiller... si maman te voit en pyjama, çà risque encore de barder pour ton matricule ! »
Quand j'aperçois mon prince dans la cuisine, je me décide pour une fois à faire la coquette, et me dépêche de monter prendre une douche avant d'enfiler ma plus belle robe.
- « A TABLE, AMY ! »
- « OUI, J'ARRIVE ! »
Je fais une entrée remarquée dans la cuisine, où on n'attend plus que moi.
- « Pourquoi on ne mange pas dehors ? C'est dommage... »
- « Avec cette chaleur ? Tu plaisante ? Allez, arrête un peu de te faire remarquer et assieds-toi ! »
J'obéis à ma mère sans discuter en voyant que Jeff m'a gardé une place à côté de lui, et qu'il m'invite à venir le rejoindre.
- « Bonjour Jeff... »
- « Bonjour princesse, bien dormi ? »
- « Oui, c'est grâce à toi, merci ! »
- « A votre service... »
Il attrape discrètement ma main pour y déposer un baiser léger, et je rougis en regardant tout autour de moi, pour m'assurer que personne n'a rien vu.
- « Tu... tu passe la journée avec nous ? Tu arrive bien tôt aujourd'hui... »
Il sourit à présent à son assiette, comme s'il était gêné, puis se tourne vers moi avec un regard qui me fais voler des papillons dans l'estomac...
- « C'est-à-dire que... j'ai dormi ici en fait... »
- « Ici ? Euh... tu veux dire... »
L'idée qu'il soit resté dans mon lit toute la nuit me fait tourner la tête, et je m'adosse, tremblante, au dossier de ma chaise.
- « Non, sois sans crainte... j'étais sur le canapé ! Tous ces coussins, c'est drôlement confortable, tu sais ? »
Un soupir de soulagement m'échappe, mais en même temps j'ai l'impression d'être un peu déçue...
Je regarde le déjeuner se dérouler gentiment sous mes yeux, sans grand appétit, jusqu'au dessert.
- « J'ai refait un fondant au chocolat, une bonne nuit de sommeil çà se fête, non ? »
Jeff est un amour, et mon estomac gargouille enfin à la vue de son gâteau, qui s'accorde mieux que les plats précédents, à l'idée que je me fais d'un petit déjeuner.
Mon frère aussi est adorable aujourd'hui. Il doit être content que je l'ai enfin laissé dormir, car il se dévoue pour tout ranger, et m'envoie gentiment me promener.
- « Va prendre un peu le soleil petite, va ! »
Je ne me fait pas prier pour sortir enfin et respirer l'air pur de l'été. Quand je pense que je n'ai même pas de devoirs à faire pour une fois... maman m'a vraiment engueulée pour rien hier soir...
- « Mimi ? »
Jeff me sort subitement des idées noires où je commençais à me renfoncer.
- « Tes parents sont d'accord pour que je t'amène avec moi aujourd'hui... si çà te dit ? »
- « M'amener ? Où çà ? »
- « Chez moi, enfin... chez le professeur. Tu lui manque, tu sais ? Il aimerait bien te revoir... »
Ma mère a dit oui à çà ? Elle veut se débarrasser de moi ou quoi ? Enfin, peu importe de toute façon, du moment que je pars d'ici et que je passe la journée avec lui...
- « Ok, avec plaisir ! »
- « Bien, alors allons-y ! Ton père a proposé de nous amener... »

La voiture longe un interminable rempart à la japonaise, et papa nous dépose enfin devant l'immense portail de la demeure Mimasu.
- « Ouahou, je ne me rappelais pas que c'était aussi grand ! C'est vraiment le mur d'enceinte de la demeure familiale qu'on voit depuis tout à l'heure ? »
- « Oui mimi, bienvenue chez moi ! »
L'imposante porte de bois s'ouvre de l'intérieur, comme si nous étions attendus, et deux garçons nous adressent un salut martial, le poing dans la paume, auquel mon samouraï répond avec sérieux.
- « Euh... bonjour... merci... »
- « Mademoiselle ! »
Ils nous regardent passer, avant de refermer les portes derrière nous, et j'ai soudain l'impression d'être entré dans un autre monde.
- « C'est vraiment immense ! On dirait une ville dans la ville ! Et qu'est-ce c'est beau ! »
Mes yeux sont attirés de tous les côtés par un décor qui me rappelle celui de mes mangas favoris, tandis que je me laisse guider par mon galant chevalier, qui s'est emparé tendrement de ma main, et m'entraîne avec lui dans les allées bordées de maisons toutes plus belles les unes que les autres.
Les portes coulissantes grandes ouvertes de certaines salles, me laissent voir un spectacle renversant, celui de plusieurs dizaines de personnes en plein entraînement.
- « Dis, tous ces gens, ils font de l'Aïkido ? »
- « Hein ? Oui, bien sûr, nous ne pratiquons que çà ici. »
- « Et tu crois qu'un jour moi aussi je pourrais faire des figures comme eux si je m'entraînais dur ? »
- « Oui... plus tôt que tu ne le penses... »

- « Ayah ! Iiiiyah »
Au détour d'un chemin, nous tombons sur deux filles qui s'entraînent seules dans l'herbe, l'une faisant voler l'autre avant de la plaquer au sol, encore et encore, inlassablement, jusqu'à ce qu'elles nous remarquent.
- « Jefu-san ? »
- « Amy-tchan ? »
- « Encore à vous entraîner dans l'herbe, les filles ? »
- « Tu connais notre penchant pour le grand air ! »
- « Et votre aversion pour l'obéissance et le travail en groupe, oui ! »
Ils semblent très amis tous les trois, et le caractère de ces filles me plaît bien.
- « Mimi, tu te souviens de Sakuya et Alisa ? »
- « Euh... »
- « Heureuse de te revoir Amy-tchan, tu as bien grandi depuis la dernière fois ! »
La grande blonde me tend une main que je serre timidement... il me semble que...
- « Oui, on jouait souvent avec toi quand tu venais ici avec ton frère. Moi c'est Sakuya ! Bienvenue au dojo des Mimasu, Amy-tchan ! »
La petite brune me semble plus douce, avec ses grands yeux de velours noirs qui se plissent joliment, tandis qu'elle me caresse le visage.
- « Bien, nous vous laissons continuer les filles, le professeur nous attend... »
- « Kazuma senseï ? Je ne crois pas qu'il soit chez lui, vous devriez plutôt aller voir du côté du verger... »
Jeff se retourne vers Sakuya, puis fermant les yeux, il inspire profondément.
- « Tu as raison Saku, merci, à plus tard ! »
Il semble légèrement différent depuis que nous avons passé le portail, comme si son aura princière prenait une plus grande ampleur.

dimanche 18 octobre 2015

Roman, "Kaïla" partie 24

 


Arrivée rapidement en bas, dans la rue, j'appelle mon frère qui ne tarde pas à venir me récupérer. C'est dommage, sans l'intervention de l'autre arriéré, j'aurais passé une excellente après-midi. En longeant les berges de la rivière qui traverse la ville, on croise Jeff sur sa moto et il nous emboîte le pas. Au moins, ma soirée promet d'être plus douce...
J'ai parlé un peu trop vite, car maman est là qui nous attend sur la terrasse, comme si elle avait passé les dernières heures à se languir de nous.
- « C'est à cette heure-ci que tu rentre toi ? Et tu te sers de ton frère comme chauffeur en plus ! Non mais tu te prends pour qui ? Et tu étais où d'abord ? Tu m'a demandé la permission peut-être avant de disparaître tout l'après-midi ? »
- « Eh oh, c'est bon maman, on se calme ! Si j'ai envie de conduire Amy quelque part çà me regarde, je suis assez grand ! »
Adam a garé son scooter en bas des marches, et n'a pas attendu d'en descendre pour remettre notre mère à sa place. De mon côté, je préfère garder mon casque et ne rien dire, car elle fulmine tellement qu'elle commence à me faire peur. On dirait que de la fumée va lui sortir des narines, comme les taureaux prêts à charger, dans les dessins animés.
- « Peut-être, mais je suis sa mère, et c'est à moi de dire si elle peut sortir de la maison ou pas... »
- « C'est bon ! Change de disque ! On n'est plus à ton époque, elle ne va pas rester enfermée toute sa vie non plus ! Et puis tu crois que je vais l'amener dans un endroit où çà craint ? Sérieux ? Elle était juste chez un pote, elle a bien le droit de se faire des amis, non ? »
- « Elle se fera des amis quand elle aura terminé ses devoirs ! Et puis çà commence à bien faire que tu prenne sa défense ! Si elle est si grande que çà elle peut me répondre elle-même non ? »
Je descend de l'engin pour m'écarter de leur duel, tandis que mon frère remonte les marches calmement, comme pour faire monter un peu plus la pression. La moto de Jeff arrive discrètement derrière nous, mais il reste lui aussi à distance respectable de ce énième conflit familial.
- « Il faut bien que quelqu'un s'en occupe, puisque ce n'est pas toi qui va la protéger ou la consoler quand elle en a besoin...  MAMAN !»

PAF !

Les yeux comme des soucoupes, notre mère semble être la première surprise de son geste. Jamais elle n'a encore levé la main sur nous, et de ses trois enfants, Adam est sûrement le dernier qu'elle pensait gifler un jour !
- « Co... comment tu peux dire çà ? Je suis une mauvaise mère ? Hein ? C'est çà ? Mais... il faudrait que je fasse quoi alors ? Que j'aille la consoler toutes les nuits quand elle hurle comme un goret ? Hein ? C'est çà ? Mais répond ! »
- « Mais tu veux que je te dise quoi ? Bien sûr que tu devrais aller la consoler ! C'est bien ce que tu faisais avec Leïla et moi, non ? Bon sang, mais c'est toi sa mère ! C'est ton rôle ! Merde ! »
- « Mon rôle ? Mais... mais ouvre les yeux mon pauvre garçon ! C'est du cinéma ! Comment veux-tu qu'une gamine hurle aussi fort et aussi longtemps avec de simples cauchemars ? Elle fait çà uniquement pour te faire marcher ! Elle te manipule, et si çà continue elle te mènera par le bout du nez ! Sa grand-mère faisait pareil avec les hommes...»
Jeff est arrivé en silence derrière moi, et posant ses mains sur mes épaules, il brise la crise d'hystérie maternelle d'une vois grave.
- « Arrêtez ! »
Personne ne s'attendait à ce qu'il intervienne, et tous les regards se tournent vers lui, stupéfaits.
- « Vous parlez de cauchemars, de hurlements... qu'est-ce que çà signifie exactement ? »
- « Je... c'est rien, je... »
Mon frère me coupe la parole, en voyant que j'ai du mal à trouver mes mots.
- « C'est Amy, çà fait plusieurs nuits qu'elle se réveille en hurlant. Encore que cette nuit c'est moi qui ai du te réveiller, hein petite? »
La tendresse de son regard me donne envie de pleurer, et je suis incapable de lui répondre, tant les mots se serrent dans ma gorge. Jeff insiste, ses mains se resserrant sur mes bras...
- « Ces rêves... de quoi s'agit-il exactement ? »
- « De choses... de monstres... qui voulaient la bouffer... »
Mon prince me fait brutalement faire volte-face en se jetant à mes genoux pour plonger ses yeux dans les miens... sa respiration s'accélère, tandis qu'il tente de maîtriser sa colère. Ses mains tremblent de chaque côté de mon crâne, en ramenant mes cheveux en arrière...
- « Amy... quand je t'ai demandé l'autre soir ce qu'étaient ces cauchemars... tu m'as dit que ce n'était rien... ? »
Je commence à trembler moi aussi...
- « Je... je ne t'ai pas menti... c'est juste qu'à ce moment-là, c'est vrai, ce n'était rien... enfin, juste qu'il faisait noir, tout çà... »
- « C'est vrai mec, c'est devenu de pire en pire chaque soir en fait. Ce n'est plus des cauchemars qu'elle fait, c'est des terreurs nocturnes ! Mais pourquoi çà t'intéresse autant à toi ? »
- « Ah çà, pour être de pire en pire, c'est clair qu'elle crie de plus en plus fort ! Elle nous fait un cinéma je vous dis ! Vous devriez arrêter de vous inquiéter autant pour elle tous les deux ! Moi je rentre ! »
Jeff ignore totalement ma mère et mon frère qui continuent à se disputer en passant le seuil de la maison, et me force à soutenir son regard en maintenant fermement mon visage face au sien.
- « Amy tu vas me dire exactement de quoi il s'agit ! Tu as vu quoi en rêve cette nuit ? »
- « Ce... c'étaient des monstres horribles... tu sais, comme le Gollum dans « Le Seigneur des anneaux » ? Il faisait nuit, et j'avais froid... et... je ne pouvais plus bouger... »
- « Tu étais où exactement ? »
- « Je n'en sais rien, il faisait nuit noire, je sentais seulement que j'étais sur de la pierre, et si j'ai vu leur tête c'est parce qu'il y avait la lune... »
- « De la pierre ? La lune ? Ne me dis pas qu'elle était... »
- « Pleine ! C'était la pleine lune ! »
- « Putain Amy ! C'est pas vrai ! Pourquoi tu ne m'a rien dit avant ? »
Je ne sais pas quoi lui répondre maintenant, il s'est levé d'un bond et tourne sur lui même en se tenant la tête, comme désemparé...
- « Mais, je ne sais pas... je... »
- « Amy... »
Revenu à présent face à moi, et collant son front contre le mien, sa voix se fait plus douce.
- « J'aimerais pouvoir lire parfaitement en toi, mais... écoute, tu dois tout me dire pour l'instant, d'accord ? Tout ! »
- « Euh, oui... d'accord... »
- « Je suis désolé princesse, ce n'est pas après toi que je suis en colère, mais après moi ! »
Il me caresse les joues et m'embrasse sur le front avec tendresse.
- « Maintenant écoute-moi bien ma belle ! Je ne veux pas que tu t'endorme avant que je sois revenu d'accord ? Ne te met pas au lit, ne t'assois pas à ton bureau, ne reste pas sur le canapé... Je veux que tu reste éveillée jusqu'à ce que je revienne ! D'accord ? »
- « Si tu veux, oui... »
Avec un sourire forcé, il se jette sur sa moto et me rassure avant d'enfiler son casque.
- « Promis, je ne serai pas long ! »

Au coucher du soleil, je résiste à la fatigue en jouant avec mes chiens, quand un bruit familier me fait lever la tête.
- « Jeff ! »
- « Tu vois, j'ai été rapide, j'ai tenu ma promesse... et regarde, j'ai un cadeau pour toi ! »
- « Qu'est-ce que c'est ? »
- « Un attrape-rêves. Je l'ai fait avec des plumes assez spéciales, et il va t'aider à dormir en sécurité. D'ailleurs, je crois qu'il est temps pour toi de prendre un peu de repos, non ? »
Il a raison, je tombe littéralement sur place. Je me débarbouille rapidement, et quand je rentre dans ma chambre, prête à me mettre au lit, je vois Jeff en train d'y suspendre son œuvre. C'est un très bel objet, d'un blanc immaculé, et dont les perles brillent à travers les derniers rayons de soleil qui percent entre mes volets.
- « Il était temps que tu dorme je crois, tu as l'air à bout de forces ! »
- « Tu m'étonnes, çà fait trois nuits que je dors deux ou trois heurs à peine... »
- « A ce point ? Mais... Ils allaient jusqu'où tes cauchemars, dis-moi ? »
- « Ah, et bien, le dernier était vachement sympa ! Je sentais carrément les dents de ces horreurs me dévorer ! Je me suis même fait des traces, regarde ! »
Quand je remonte les manches de mon pyjama, Jeff en a les larmes aux yeux et il m'attrape fermement pour me serrer dans ses bras.
- « Ah... »
Dans son soupir, il lâche quelques larmes qui coulent dans mon cou, çà me fait chaud au cœur qu'il s'inquiète autant pour moi.
- « Eh bien ma princesse, il était temps que j'intervienne ! Allez, au lit ! Je vais te raconter une histoire ! »
- « Ah bon, laquelle ? »
- « Celle d'Iktomi l'araignée, et des capteurs de rêves... »
C'est la première fois depuis longtemps que Jeff est là pour veiller à ce que je trouve le sommeil, mais j'ai encore peur d'y céder. J'aimerais être sûre que son cadeau soit efficace, quitte à ne pas rêver. Ceci-dit, c'est agréable de poser ma tête contre lui, en écoutant son récit...
- « Il y a longtemps, lorsque le monde était jeune, un vieux Sioux du Lakota, dirigeant Spirituel, était sur une haute montagne et eut une vision. Dans sa vision, Iktomi, le grand professeur de sagesse, paru sous la forme d'une araignée. Iktomi s'adressait à lui dans une langue sacrée que seuls les dirigeants spirituels du Lakota pouvaient comprendre. Pendant qu'il parlait, Iktomi l'araignée, prenait un cerceau de saule avec des plumes, de la chevelure d'un cheval et des perles, et ainsi il commençait à tournoyer et à tisser une toile. Il parlait au saule des cycles de la vie... et de quelle manière ont commencé nos vies, d'abord comme nourrisson puis vient l'enfance et l'âge adulte. Enfin, nous allons vers la vieillesse où nous devons être soignés comme des nourrissons, complétant ainsi le cycle. Mais Iktomi dit pendant qu'il continuait à fabriquer sa toile : « Dans la vie , il y a beaucoup de forces, en bien et en mal. Si vous écoutez les forces du Bien, elles vous dirigeront dans la bonne direction. Mais si vous écoutez les forces négatives, elles vous blesseront et vous dirigeront dans la direction fausse. »
Il continuait : « Il y a beaucoup de forces de directions différentes qui peuvent aider ou interférer avec l'harmonie de la nature, et aussi avec le Grand Esprit et ses enseignements merveilleux ».
Il tissa sa toile de l'extérieur vers le centre. Quand Iktomi eut fini de parler, il donna au Sioux son travail et dit... « Vois , la toile est un cercle parfait mais il y a un trou dans le centre du cercle. Employez la toile pour vous aider ainsi que votre peuple à atteindre vos buts et à faire bon emploi des idées de votre peuple, rêves et visions. Si vous croyez dans le Grand Esprit, la toile attrapera vos bonnes idées et les mauvaises seront dirigées dans le trou du néant ».
Le Sioux refit le même objet qu'il avait vu dans sa vision et le donna à la tribu. Maintenant , les Sioux et les Indiens emploient le " Dream Catcher " comme toile de leur vie . Il est pendu au-dessus de leurs lits ou dans leur logement pour purifier rêves et visions. Les forces du Bien de leurs rêves sont capturées dans la toile de vie et de cette façon , ils pourront en profiter ... et les forces du mal sont captées et éjectées par le trou dans le centre de la toile . La légende du Dream Catcher détient le Destin de l'avenir et procure protection... »