dimanche 28 août 2016

KAÏLA tome 2 Affrontements

Pour les petits gourmands qui ont déjà terminé le tome 1, voici la suite... les deux premières pages du tome 2 de

 KAÏLA

 

 

TOME 2 AFFRONTEMENTS

Pour mes parents, mon grand frère et mes amis.
A tous les lecteurs qui ont dévoré le tome 1.
 

 

CHAPITRE 1

Un silence total semble régner dans la demeure Mimasu lorsque je pose un pied à terre. Il doit être tard, mais je ne vois l’heure nulle part. Le parquet grince légèrement sous le poids de mon nouveau corps quand je me décide à me lever, mais aucun bruit ne lui fait écho. J’imagine que tout le monde doit dormir. Jeff m’a dit qu’il resterait en bas si j’avais besoin de lui, alors je sais que j’aurai quelqu’un à qui raconter ce que je viens de voir en rêve. La porte coulissante glisse dans son rail, et une lumière douce et diffuse éclaire les marches depuis une petite fenêtre ronde, à mi-chemin, sur le palier. Ma main glisse lentement le long de la rambarde, et je laisse mes pieds m’amener en douceur jusqu’au rez-de-chaussée, où un vent frais circule à travers le couloir. Me retrouver seule dans ce lieu en pleine nuit me procure une sensation étrange, qui me fait douter de mon état d’éveil, mais une piqûre de moustique m’assure que mon corps est bien fait de chair, et qu’il est d’une sensibilité à fleur de peau.
         -« Jeff ? Tu es là ? »
N’osant pas élever la voix davantage pour le réveiller, craignant d'ameuter tous les membres de la maisonnée je me décide à visiter chaque pièce, à la recherche de mon plus fidèle protecteur. Cependant, les portes qui coulissent facilement ne s’ouvrent que sur des pièces vides, à peine éclairées par la lueur de la nuit filtrant au travers de portes fines, couvertes de papier de riz. Outre la cuisine où nous avions rapporté des paniers remplis de fruits charnus, je ne rencontre que des chambres vides au sol couvert de tatamis et aux murs sobrement décorés, dont une faisant office de salon. Je me souviens de ce jour où j’y ai discuté avec cet homme de paix japonais, un vieil ami de Kazuma senseï…
Craaac !
         -« Qui… qui est là ? »
Perdue dans mes souvenirs, je ne me suis pas rendue compte que je n’étais plus seule, et mon cœur bat encore d’avoir sursauté en entendant grincer les vieilles planches de bois.
         -« Jeff ? C’est toi ? »
Personne dans le couloir… ce petit jeu commence à être énervant ! Je croyais qu’il devait rester en bas toute la nuit au cas où j’aurais eu besoin de lui… serait-il moins honnête envers Kaïla qu’il ne l’était avec la petite Amy ? Plus je m’approche du jardin et plus je distingue ce qui m’entoure, guidée par des rayons de lune traversant des fenêtres ouvertes… mais les seuls bruits qui me parviennent à présent ne sont que des mélodies nocturnes. Le chant des grillons se mêle à celui des grenouilles qui bordent le petit bassin, offrant une musique pour accompagner la danse discrète des chauves-souris. N’ayant trouvé personne à l’intérieur, et me sentant incapable de me recoucher dans une pareille atmosphère, je me décide à explorer les lieux en espérant rencontrer une âme qui vive.
         -« Ne m’en veuillez pas les amis, mais j’ai besoin de parler à un humain… »
Les musiciens, loin de se soucier de mon manque de considération à leur égard, continuent gentiment leur concert nocturne, donnant au moins une ambiance plus chaleureuse à la demeure déserte. Sans savoir pourquoi, je pose mes pieds sur les « pas japonais », préférant la discrétion de ces pavés de pierre plate aux gravillons qui trahiraient ma présence et ma position à chaque pas… comme si l’instinct de Kaïla était toujours autant aux aguets que pendant notre dernière bataille. Est-ce qu’il en sera toujours ainsi maintenant ? Je devrai vivre en état d’alerte permanente sans plus connaître l’insouciance ? Montant à nouveau sur une terrasse de bois, je tente de me détendre et de savourer la quiétude des lieux.
         -« Ce n’était peut-être qu’un simple cauchemar après tout… et puis, il ne peut rien m’arriver ici ! Pourquoi est-ce que je m’inquiète autant ? T’es vraiment bête ma pauvre fille… tu vas attendre toute ta vie que Jeff soit là pour te rassurer ? Mais grandis un peu, tu n’as plus 11 ans ! »
Mes bras se balancent autour de moi dans un monologue théâtral tandis que j’essaie de ma résonner, longeant des bâtiments de plus en plus éloignés de la maison du professeur, jusqu’à ce qu’une main fantomatique sortie de nulle part s’empare de mon poignet !

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